Ils sont 150.
150 nouveaux mots à faire leur apparition dans le dictionnaire 2026 Le Robert. Ils sont le reflet de notre société, de notre usage de la langue française. Ils ancrent dans le réel des concepts, des phénomènes.
Et si l’intelligence artificielle a envahi notre quotidien, c’est aussi le cas au fil des pages du dictionnaire. Ainsi, prompter ou hypertrucage (traduction de l’anglicisme deepfake) font partie des petits nouveaux.
Pour celles et ceux qui fustigent l’usage de l’anglais dans notre langue, surcyclage a désormais vocation à remplacer le terme upcycling.
Dans un autre registre, cagnotter, biomédicament, néobanque, soumission chimique, chakchouka, délicieuse préparation culinaire, ou le très marseillais gâté rejoignent eux aussi le prestigieux Robert.
Aux côtés de tous ces néologismes, certains mots opèrent, quant à eux, leur grand retour. Tombé en désuétude au fil des années, ils reviennent en force, souvent marqués par une évolution de leur définition. C’est le cas du nom dinguerie, employé dans les années 1920 pour désigner de manière péjorative une folie, l’action d’une personne déséquilibrée. Ressuscité par la jeune génération, il devient un terme positif pour qualifier une chose excellente, incroyable.
En tant que journaliste en presse écrite, rédactrice, correctrice, j’ai naturellement un attachement fort à la langue française. Même si j’en maîtrise les subtilités, je l’observe avec plaisir évoluer, changer, s’adapter. Le français est une langue vivante. S’accrocher à une version surannée, semblable à celle que l’on a apprise à l’école, est vain.
Et la bonne nouvelle, c’est que même avec toutes ces évolutions, on parvient encore aujourd’hui à lire sans difficulté des œuvres publiées il y a plus d’un siècle. Preuve que le français restera toujours le français…

